Vaccination

Santé du chien : Vaccination

Extrait du magazine Tout Chien (voir le sommaire du Numéro 18)

Vaccination : toujours une priorité sanitaire

Remise en question sans raisons, la vaccination n’a plus toujours l’attention qu’elle mérite. Cette pratique dite de prophylaxie médicale est pourtant toujours indispensable pour prévenir l’apparition de maladies infectieuses graves dont peuvent souffrir les chiens.

Le phénomène est parti de la médecine humaine mais a contaminé la sphère vétérinaire : la vaccination est de plus en plus décriée, voire carrément rejetée. Ce rejet n’a pourtant aucun fondement scientifique et fait courir des risques sanitaires aux animaux qui ne sont plus vaccinés et, plus globalement, à l’ensemble de la population canine.

Ainsi, selon une étude publiée en 2016, un Français sur cinq penserait que la vaccination n’est pas efficace.

Une pratique qui a fait ses preuves

Cette pratique dite prophylactique, car elle vise à prévenir l’apparition de maladies, a pourtant fait ses preuves et permis d’éradiquer ou de contrôler de nombreuses maladies infectieuses.

Malheureusement, le public ne retient que les très rares cas d’effets indésirables liés à la vaccination qui, certes, comme avec toute pratique médicale, existent mais sont très restreints (estimé à 0,38 % selon une étude) et le plus souvent bénins et transitoires.

Actuellement, les vaccins restent, a contrario, la meilleure stratégie de prévention contre des maladies infectieuses canines parfois mortelles comme la parvovirose, la maladie de Carré, etc.

Le bénéfice est donc largement supérieur au risque.

Lutter contre les zoonoses

La vaccination est également une arme efficace pour lutter contre certaines zoonoses (c’est-à-dire des maladies transmissibles de l’animal à l’homme) très graves, comme la rage qui continue de tuer plus de 55 000 personnes chaque année dans le monde.

La vaccination peut protéger contre des maladies virales, bactériennes ou parasitaires. Ces derniers vaccins sont en général moins « efficaces » que les vaccins contre les maladies infectieuses mais permettent cependant de réduire le risque de contamination, la gravité de la maladie, l’excrétion parasitaire et le risque de contamination.

C’est le cas par exemple du vaccin contre la leishmaniose, une maladie transmise par un moustique, le phlébotome, présent surtout dans le Sud de la France et particulièrement la région méditerranéenne.

Le principe de la vaccination, quel que soit le type de vaccin, est de stimuler les défenses immunitaires de l’organisme. L’animal est ainsi mis en contact avec un agent pathogène qu’il apprend à combattre. Il sera à même de se défendre ensuite s’il rencontre de nouveau cet agent, cette fois de façon naturelle.

A la naissance, les chiots bénéficient du transfert passif de l’immunité de la mère, via l’absorption de colostrum, et sont protégés à condition que celle-ci ait été correctement vaccinée. En grandissant, le relais doit être pris par des injections vaccinales, dont la fréquence varie en fonction du vaccin.

A côté de vaccins « traditionnels », proposés systématiquement (leptospirose, maladie de Carré, parvovirose, hépatite de Rubarth), d’autres peuvent être conseillés par le vétérinaire en fonction des conditions de vie de l’animal (piroplasmose, leishmaniose, toux de chenil…).

Stimuler la réponse immunitaire

Les vaccins contiennent des agents infectieux vivants atténués ou inactivés. Ils peuvent ne contenir qu’une valence vaccinale ou plusieurs (vaccins dits multivalents).

Ils peuvent comporter également des adjuvants qui permettent de stimuler la réponse immunitaire. Ces derniers sont sélectionnés sur leur innocuité et leur sécurité d’emploi.

Tous les vaccins induisent cependant une réponse inflammatoire, systématiquement associée à la réponse vaccinale. Cette réponse inflammatoire passe inaperçue chez la plupart des chiens mais chez certains animaux plus sensibles, elle peut provoquer des signes locaux (léger œdème ou induration au point d’injection) ou généraux (apathie, fièvre…) qui ne durent généralement pas.

Certaines études tendent à montrer que les chiens de petite taille seraient plus sensibles à la vaccination et plus susceptibles de développer ces effets secondaires.

A côté de la défiance engendrée par les vaccins, ces derniers génèrent aussi des idées reçues.

Ainsi, un chien âgé a toujours besoin d’être vacciné, l’immunité conférée par les vaccins n’étant pas acquise définitivement. Un animal âgé comme un jeune a donc besoin de rappels vaccinaux pour être protégé. L’âge le rend par ailleurs plus vulnérable et donc plus sensible à certaines maladies infectieuses.

Cléo Guillaume

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