Changements climatiques : un impact sur le parasitisme canin

SANTE Changements climatiques : un impact sur le parasitisme canin

Extrait du magazine Tout Chien (voir le sommaire du Numéro 26)

Réchauffement des températures, phénomènes climatiques extrêmes… la planète fait, de plus en plus, les frais d’une utilisation à mauvais escient par les populations humaines.

Les conséquences de ces changements climatiques sont nombreuses et visibles, notamment en santé vétérinaire. Les infestations parasitaires, et principalement les maladies vectorielles, sont les premières concernées par ces évolutions.

Les changements climatiques ont une influence avérée sur l’activité parasitaire et principalement sur les maladies vectorielles, transmises par des insectes dont l’aire de répartition s’étend.

L’impact des dérèglements saisonniers – un terme préférable à « réchauffement climatique » car si l’augmentation de température est l’élément le plus marquant, elle conduit à un ensemble de modifications et mérite donc une approche plus large que celle centrée sur la température – sur l’activité vectorielle et le parasitisme associé est bien étudié en santé humaine mais beaucoup moins en santé animale.

La question n’est plus aujourd’hui de polémiquer sur la réalité des changements climatique, avérée, mais plutôt sur son ampleur et ses impacts potentiels, sur la santé notamment.

Une élévation de 3 à 4 degrés de la température moyenne mondiale dans les prochaines décennies semble faire consensus, tout comme l’apparition de phénomènes météorologiques extrêmes. Ces évolutions climatiques ont un impact potentiel sur les maladies infectieuses, favorisant leur émergence ou réémergence et augmentant leur incidence.

Des maladies vectorielles principalement

Les experts de Santé publique France avaient déjà, en 2010, ciblé quatre catégories de maladies en fonction de leur « réceptivité » aux dérèglements climatiques.

Le groupe A, des maladies vectorielles, sera le plus impacté, devant le groupe B, celui des maladies transmises par contact avec des rongeurs. Viennent ensuite les groupes C (maladies transmises par voie féco-orale) et D (transmission aérienne).

Ainsi, dès 2010, la problématique vectorielle avait été identifiée comme à risque par rapport aux changements climatiques…

Plusieurs modifications sont envisageables : installation de parasites (tiques, moustiques…) et donc, parfois, des pathogènes transmis, dans des zones auparavant indemnes (moustique tigre par exemple) ; extension de leur aire de répartition (c’est le cas pour les tiques des espèces Ixodes ricinus et Dermacentor reticulatus mais aussi les phlébotomes, agents de la leishmaniose canine) ; modification de la capacité vectorielle des vecteurs en lien avec une augmentation de leur densité de population ou un accroissement de la capacité de réplication des agents pathogènes dans les vecteurs (virus de la dengue, du chikungunya…).

L’exemple du moustique tigre

Un exemple typique bien documenté en santé humaine est celui du moustique tigre, Aedes albopictus, qui peut transmettre une vingtaine de virus. Ce moustique est une espèce invasive importée d’Asie en Italie en 1990 lors d’échanges commerciaux de vieux pneus. Il est présent en France depuis 2004 et s’est réparti sur une grande partie du territoire, dont la région parisienne. En fonction de différents scénarios de changement climatique, il devrait, dans les années à venir, s’installer sur l’ensemble du territoire.

En santé animale, un impact potentiel de cette extension d’aire géographique concerne la distribution de la dirofilariose à Dirofilaria immitis et sans doute D. repens. Des études en Allemagne ont montré qu’entre 2001 et 2015, la contamination possible des moustiques par ces agents pathogènes était à la fois plus précoce et plus tardive dans l’année (de mai à octobre).

Pour l’instant, cette maladie n’est pas un problème en France métropolitaine, mais elle est très présente dans les Dom-Tom et des cas très ponctuels sont décrits en Camargue et dans le centre du pays.

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