Fiche race

Beauceron : histoire, caractère et entretien du berger de Beauce

Par Pennylane · mis à jour le

Fleuron du patrimoine cynophile français, le beauceron est un chien de berger discret, aux effectifs remarquablement stables. Il séduit par son physique harmonieux et sa polyvalence, aussi bien au travail que dans les activités sportives. Il est en outre relativement épargné par les problèmes de santé héréditaires.

Une race nationale qui n’est pas « à la mode »

Le beauceron fait partie de nos races nationales, pas si nombreuses quand on sort des chiens de chasse. S’il est connu et apprécié du public, il n’a jamais suscité d’engouement comparable à celui du berger belge ou du berger australien. Tant mieux pour lui : « le beauceron n’est pas un chien de mode », constatait en 2020 Danièle Renaux, alors présidente du Club des amis du beauceron.

Ce chien de berger appartient au groupe 1 de la Fédération cynologique internationale (FCI). Il porte aussi les noms, moins utilisés, de berger de Beauce et de bas-rouge, en référence aux marques feu de ses pattes.

Une longue histoire

Le beauceron est présent sur notre territoire depuis très longtemps. Certains auteurs l’ont rattaché au chien des tourbières, un chien préhistorique d’Europe, mais cette filiation reste une hypothèse invérifiable. Il est en revanche cité dans des ouvrages de naturalistes du XVIIIe siècle comme chien de berger des plaines du nord de la France.

Sa première apparition officielle remonte à 1863, lors de la première exposition canine organisée à Paris, où furent présentés des chiens de berger de type lupoïde, à oreilles droites et au pelage noir et fauve. À la fin du XIXe siècle, le vétérinaire Pierre Mégnin distingua clairement deux types de bergers de plaine : le berger de Brie, à poil long, et le berger de Beauce, à poil court. Les premiers beaucerons furent inscrits au LOF (Livre des origines français) dans les années 1890, et la sélection prit véritablement son essor à cette époque. Le standard a ensuite été modifié à plusieurs reprises.

À l’époque, le chien ne ressemblait guère au beauceron actuel : museau plus fin, oreilles droites et écourtées… Ses taches fauves au-dessus des yeux, sous la mâchoire, devant les épaules et aux extrémités des pattes lui valurent le nom de « bas-rouge ».

Sa vocation originelle de chien de troupeau, destiné à conduire les moutons et à les protéger, a été cultivée très tôt. La sélection visait des chiens de berger parfaits : sans mordant excessif, pour ne pas abîmer le bétail ; lestes, pour tourner autour du troupeau ; et de couleur sombre, pour bien se distinguer des bêtes gardées.

Apparence

Le beauceron est un grand chien solide, rustique et bien proportionné. Le mâle mesure de 65 à 70 cm au garrot, la femelle de 61 à 68 cm. Signe particulier exigé par le standard : un double ergot à chaque patte postérieure. Le poil est court, épais et dense, avec un sous-poil. Deux robes sont admises : noir et feu, la plus répandue, et arlequin, gris et noir avec des marques feu. La coupe des oreilles à visée esthétique étant interdite en France, les beaucerons ont aujourd’hui les oreilles naturelles, mi-dressées ou tombantes.

Caractère et éducation

Calme, sûr de lui et courageux, le beauceron est très attaché à sa famille et naturellement protecteur. Intelligent, il apprend vite, mais il a besoin d’un maître cohérent qui pose des règles claires sans brutalité. Il atteint sa maturité assez tard, souvent vers deux ou trois ans, ce qui demande de la patience.

Une socialisation précoce et variée est indispensable. Polyvalent, il excelle dans de nombreuses disciplines : obéissance, ring, pistage, agility, travail sur troupeau. Il a besoin de longues sorties quotidiennes et d’occupations mentales.

Santé et entretien

Le beauceron est une race robuste. Comme beaucoup de grands chiens, il peut néanmoins être prédisposé à la dysplasie de la hanche, pour laquelle un dépistage radiographique des reproducteurs existe, et à la dilatation-torsion de l’estomac : un chien au ventre gonflé, qui cherche à vomir sans y parvenir, doit être conduit immédiatement chez le vétérinaire. Pour limiter ce risque, fractionnez les repas et évitez l’effort juste avant et après.

Son entretien est simple : un brossage hebdomadaire, plus fréquent en période de mue. Surveillez la longueur des ongles et des doubles ergots, qui ne s’usent pas naturellement.

Pour quel maître ?

Le beauceron s’épanouira auprès de maîtres sportifs et expérimentés, disposant d’espace et de temps, prêts à l’éduquer et à l’occuper. Il n’est pas fait pour rester seul de longues journées.

Article mis à jour par la rédaction de Tout Chien !, d’après un article paru dans le magazine.

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